La carte d'identité nationale martiniquaise vous intéresse ?
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La commémoration de toutes les dynamiques...
21 - 22 mai : deux jours pour se souvenir. Aussi bon nombre de manifestations ont permis à un large public de commémorer la date anniversaire de l’abolition de l’esclavage.
Saint-Pierre- Prêcheur , ils étaient plusieurs centaines de personnes à marcher au son du tambour avec le Konvwa pou reparasyon. Tous heureux de participer à cette marche symbolique.
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Kous Neg Mawon
Dans la bouche de bon nombre de marcheurs, de musiciens, de politiques, le 22 mai c’est la fête nationale de la Martinique. Tôt le matin, par petits groupes, les marcheurs ont bravé les 7 km de bitumes reliant Saint-Pierre au Prêcheur. Ce sont les « ti neg et négresses marrons » qui ont entamé la « Kous Neg Mawon », une mention spéciale au collège Perinnon de Fort-de-France. Chez les adultes, la mairie sportive a dominé l’épreuve tant chez les femmes que chez les hommes. Tous les ténors du «KP 22 mé» ont pris la parole à l’espace Samboura. Sur le pan d’eau du bourg, ce sont les équipages de Case-Pilote qui ont remporté les 1res places tant chez les hommes que chez les femmes.
Le « konwa pour la réparation » est en marche
« Amérindiens nou yé tou » . C'est le thème du 12e convoi pour la réparation qui est parti de Sainte-Anne samedi. Avec les invités venus de Guyane, de Dominique et de Guadeloupe, les participants ont parcouru 14,6 km au rythme entraînant des tambours de Voukoum et San Chenn. La marche se poursuit jusqu'au 21 mai.
- Le programme
Les départs ont lieu chaque jour à 18h30.
Lundi 14 (7,4 Km)
Les Coteaux (limite Sainte-Luce) - Diamant (cimetière), avec Defoulman et Wélélé band Mardi 15 (10,1 Km)
Robert. Route de la Pointe Rose - Pointe Savane, avec Groupe 231.
Mercredi 16 (6Km)
Fonds Saint-Jacques (Sainte-Marie) - Mairie du Marigot avec La Bonm', Cépli douvan, Difé an lari'a.
Jeudi 17 (7,4 Km)
Lorrain. Séguineau-Vivé, avec Baryl Band et Bambou des îles. Vendredi 18 (7,4 Km)
Fort-de-France. Joyau-Rive Droite, avec Tanbou bô kannal.
Samedi 19 (8,1 Km)
Place des Arawaks (Schoelcher) - mairie de Case-Pilote.
Etape à pieds ou en mer en Kanawa et gommier, avec le groupe Moov'.
Dimanche 20 (11,9 Km)
Mairie de Bellefontaine - Place Bertin (Saint-Pierre), avec les Colibris.
Etape à pieds ou sur mer en kanawa et gommier, avec San Chenn.
Lundi 21 (9,2 Km)
Place Bertin (Saint-Pierre) - Place du 22 mai (Prêcheur).
Etape à pieds ou sur mer en kanawa et gommier, avec San Chenn.
Mardi 22
Remise des diplômes sur la place du 22 mai, à Sainte-Anne.
11ème convoi pour les réparations - Mot du Président
Réparasyon sé rimèd Violans !
Depuis la nuit des temps les violences ont toujours habité la Nature, elles ont donc toujours habité l’HOMME.
La violence est donc un phénomène naturel que ni l’être humain, ni la société ne sauront évacuer des mutations du monde. Au cours de la longue histoire de l’Humanité, elle s’est manifestée sous des registres variés entrainant ainsi tragédies plus ou moins bouleversantes. Cependant le résultat demeure toujours le même : « Assurer la domination d’un camp sur un autre camp ».
- domination d’un individu sur un autre individu
- domination d’une classe sur une autre classe
- domination d’une ethnie sur une autre ethnie
- domination d’une prétendue race sur une autre prétendue race
- domination d’une religion sur une autre religion
- domination d’un peuple sur un autre peuple
Si toute violence est synonyme d’exploitation voire d’anéantissement il convient de signaler qu’elle est dans sa forme dichotomisante et déchirante en ce qu’elle relève consubstantiellement d’une fragmentation de la société. En effet il s’agit d’opposer groupe contre groupe, exploitant contre exploité, dominateur contre dominé, etc.…
En Martinique, comme en Guadeloupe ou en Guyane la violence est passée des formes les plus dénaturo-destructrices (spoliation, déportation, esclavage, colonisation) aux formes les plus pernicieuses (assimilation- départementalisation) et mêmes subtiles (départementalisation- décentralisation) pour rester finalement toujours déshumanisante et infériorisante.
En effet philosophiquement, culturellement, économiquement, ethniquement, administrativement et même confessionnellement tout est organisé pour que les descendants des esclavagistes, prolongement de leur métropole, règnent en maîtres absolus sur les descendants d’africains déportés rendus esclaves. Le poids de la métropole du colon est si troublant qu’on va faire commencer l’histoire de la Martinique à partir du débarquement de Christophe Colomb, niant du coup cinq millénaires d’existence de civilisation amérindienne. Nous vivons toujours sous le régime de la violence subie ou violence réactionnaire dont des peuples colonisés se sont débarrassés en opposant une violence active, révolutionnaire qui les a conduits à maîtriser leur destin.
Cette violence active, révolutionnaire se veut en quelque sorte réparatrice en ce qu’elle invalide les lignes de démarcation, les compartiments, installés par le colon. Elle déprogramme l’histoire écrite par le colon pour reprogrammer l’histoire des peuples qui cherchent à assumer leur propre existence à partir de leur système de codification ; elle est unificatrice car elle libère le colonisé des frontières fixées par le colon et lui permet d’agir sur la base de la nation c’est à dire en intégrant le respect des diversités. Elle est enfin revitalisante car elle amène « le colonisé à découvrir que sa vie, sa respiration, les battements de son cœur sont les mêmes que ceux du colon ; et qu’une peau de colon ne vaut pas plus qu’une peau d’indigène. » Frantz FANON
Force est de constater, qu’ici en Martinique, nous ne sommes pas au stade de cette violence libérée. Au contraire, la violence générée par les périodes de l’esclavage, de la spoliation, de la colonisation, est toujours enfouie chez le peuple et elle est léguée de génération en génération. Elle est assimilée à une sorte d’ «agressivité sédimentée dans les muscles qui se tournera aisément contre les congénères». (F. FANON)
Elle fait de nous, de temps en temps, des individus persécutés prêts à s’empoigner à la maison, dans la rue, dans le quartier au moindre petit détail. Ce climat conflictuel empire avec la conjoncture internationale qui s’appuie sur les technologies de l’information et de la communication pour distiller au monde toutes les formes de violences générées par la civilisation du parler sans avoir à se rencontrer, qui s’appliquent à faire l’apologie de la consommation de biens matériels et de vices. Cela est d’autant plus grave quand on sait que ces technologies sont contrôlées et au service des USA qui les utilisent pour imposer au monde son mode de penser, son mode de développer, son modèle culturel, son modèle d’habillement, de consommer dans le seul intérêt d’assurer la suprématie de l’occident dominé pour le compte des cartels financiers et bancaires internationaux. Ainsi, comme tous les peuples de la planète sommes nous contraints de subir cette violence mondialisée qui vient se greffer à la violence coloniale subie.
Le solde de cette double violence est illustré par deux voies avérées qui tendent à transformer la vie des martiniquais :
- l’une concerne davantage la jeunesse, c’est l’autodestruction collective qui conduit soit à la mort ou aux handicaps mentaux ou musculaires (elle occupe tous les espaces de vie populaire : maisons, écoles, quartiers, rues, …) ; soit au remplissage des prisons dont on se demande comment il faudrait agir tant sur le quantitatif que sur la qualitatif.
- l’autre concerne les personnes d’âge mûr qui versent dans le fatalisme et disculpent du coup « toute initiative à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin, revenant à Dieu.
L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité en pierre » FANON
Entre temps la vie continue … et le colon renforce sa puissance et son pouvoir.
Fort de ce constat qui vient justifier toutes les analyses de FANON sur la violence, le MIR a décidé de chercher des thérapies contre la violence sociétale en Martinique en s’appuyant sur des réflexions et des actions liées à la réparation à la lumière des écrits de FANON dont cette année marque le 50ème anniversaire de son décès.
Aussi la thématique du 11ème Konvwa pou Réparasyon se résume en cette affirmation : « Réparasyon sé rimèd Violans »
Il s’agit là de cette autoréparation qui nous donne force matérielle et spirituelle à travers la marche pour mieux analyser la réparasyon dans sa globalité et plus généralement dans les rapports descendants d’esclaves et Etat esclavagiste ou descendants d’esclaves et descendants d’esclavagistes encore représentants de leur métropole. Vu sous cet angle l’autoréparation illustrée dans le Konvwa est synonyme de violence assumée. C’est cette violence assumée qui va permettre à la fois aux égarés, et aux assistés de la grande famille afro-descendante et alliés de revenir dans l’esprit du Konvwa pour convenir ensemble d’un grand projet.
Le Konvwa devient, tout come l’auto réparation, une « médiation royale ». Nous nous libérons dans et par le Konvwa. Cette praxis nous illumine parce qu’elle nous indique les moyens et la finalité. Elle nous renvoie à la pensée de CESAIRE qui dans une des pages des Armes miraculeuses où le Rebelle s’explique :
« Mon nom : offensé ; mon prénom : humilié ; mon état : révolté ; mon âge : l’âge de la pierre. »
Le Président du MIR
Garcin MALSA
LETTRE OUVERTE aux Membres du gouvernement français à propos d’une dite « année des outre mer » en 2011
Mesdames, Messieurs,
A l’orée de la deuxième décennie du troisième millénaire, la France a décidé d’exposer ses possessions « ultra marines » à la face du monde tout comme elle l’avait déjà fait dans les années 1930. Le gouvernement français a en effet, décrété que l’année 2011 serait celle des « outre mer français » c'est-à-dire des pays qu’elle appelait autrefois ses colonies. Pour ce faire, elle a créé un « commissariat général de l’année des outres mers français » chargé de la mise en œuvre des manifestations destinées à les promotionner.
La parenté entre cette initiative et celle des expositions coloniales des années 1930 est évidente. Certes on n’exhibera plus des « nègres » en cage comme cela s’était fait à l’époque, mais exigence des temps dits modernes on étalera à la face du monde une « concentration de noirs » dans leurs œuvres, (artistes, sportifs "ultra marins etc.…").
D’emblée nous dénonçons une telle initiative qui porte atteinte à la dignité de nos peuples livrés, au travers de ces manifestations, en pâture à la curiosité des européens et de leurs touristes. Nous condamnons le fait que nos artistes, nos athlètes, nos artisans, nos sportifs, nos scientifiques s’exhibent devant un public européen sur le seul critère de leurs origines dite « d’outre mer » comme si ladite origine faisait d’eux des animaux de foire.
La démarche raciste qui fonde cette initiative est si vraie que l’association la plus étroitement impliquée dans l’organisation de ces manifestations, est l’association « TOUS CREOLES » présidée en Martinique par le créole DE JAHAM. Or, l’association TOUS CREOLES est une association qui fait l’apologie de la créolisation, système qui constitue le socle idéologique grâce auquel les maîtres blancs ont pu perpétrer leur crime contre l’humanité dans une tranquillité relative. Dans son ouvrage intitulé « L’aristocratie de l’épiderme, le combat de la Société des Citoyens de couleur 1789/1791 l’historienne Florence GAUTHIER, rappelle ce qu’est la créolisation : Ce processus de créolisation était à la fois un processus de désocialisation, de dépersonnalisation, de désexualisations, de décivilisation des captifs, et un apprentissage des rapports maître esclaves, du travail contraints, de la langue dite ‘‘créole’’ ainsi que des formes culturelles encouragées et sélectionnées par les maîtres [….] C’est à l’issue de ce processus que les esclaves devenaient des « nègres créoles » Rappelons que si l’esclavage a pris fin, le système de créolisation consistant à soumettre l’afro descendant à la culture du blanc esclavagiste n’a jamais cessé. Au contraire, il s’est développé et la France a ainsi pu fabriquer "le domien, l’ultra marin", l’homme sans nation, sans Etat, sans patrie, sans culture propre, sans histoire, sans âme ; bref une sorte de sous homme qui correspond à la logique raciste de l’Europe.
L’association TOUS CREOLES et son président en Martinique Monsieur Roger DE JAHAM qui n’hésitent pas à promouvoir ce système d’asservissement des personnes réduites en esclavage et leurs descendants, font actuellement l’objet d’une plainte pénale pour apologie de crime contre l’humanité devant les instances judiciaires de Fort de France. Or, le COLLECTIF DOM qui a reçu du « commissariat général de l’année des outre mer français » une subvention de 50 000 € a confié à la présidente de TOUS CREOLES PARIS, Nathalie FANFANT la coordination des journées de l’outre mer à Paris !!! De même, Patrick KARAM membre du gouvernement français délégué interministériel pour l’égalité des chances préside à des manifestations avec la présidente de TOUS CREOLES à Paris.
Nous dénonçons avec force l’alliance entre les représentants de l’Etat et les associations qui telle l’association TOUS CREOLES font l’apologie du crime contre l’humanité que constitue le système de créolisation
En fait, ces manifestations et la communication médiatique qui l’accompagne marquent l’affirmation de l’idéologie raciste fondée sur le mépris, la suffisance, que le président de la république française a toujours affiché à l’égard des afro descendants en particulier et des non blancs en général. C’est en quelque sorte ce qu’il a exprimé dans son discours au Sénégal en déclarant que « l’Afrique n’est pas encore entré dans l’Histoire ». De telles manifestations qui englobent la dite « année des outre mer » s’inscrivent dans une démarche qui est contraire à la loi Taubira « reconnaissant l’esclavage, la traite négrière comme crime contre l’humanité ». Loin de respecter le devoir de mémoire et le devoir de réparation et de dédommagement consécutif à tout crime, elles constituent un programme de manipulations mentales dans la logique de l’oubli et de la négation.Nous attendons des Parlementaires français qui ont voté à l’unanimité la loi Taubira en 2001 qu’ils interpellent le gouvernement français et son président Nicolas SARKOZY pour mettre fin au plus tôt à ces manœuvres racistes appelées « année des outre mer ».Au nom du principe des droits de peuples à disposer d’eux mêmes, reconnu par l’ONU, nous demandons à la France de cesser d’humilier les peuples qui sont encore sous sa domination.Nous exhortons tous ceux qui sont conscients de la portée méprisante et aliénante de ces manifestations qui déshonorent l’Humain, de ne pas y participer.
Martinique Caraïbe Amérique
Le 12 janvier 2011
Le Président du M.I.R.
G. MALSA
Les Martiniquais lancent leur première carte d'identité nationale
Fort-de-France. 20 décembre 2010. CCN. Devant un nombreux public et des journalistes de la presse martiniquaise, le Mouvement international pour la réparation (MIR) organisait dimanche à Fort-de-France (Martinique), la première remise des Cartes nationales d'identité martiniquaise. La cérémonie se déroulait dans un lieu symbolique : l'AMEP, la première école alternative créée par la municipalité de Fort-de-France dans les années 1970 et qui recueillait pour l'essentiel, les exclus du système. Sous le parrainage de Renaud de Grandmaison et Victor Lessort, anciens dirigeants de l'Organisation anticolonialiste de la jeunesse martiniquaise (OJAM), ils avaient en 1963 été faits prisonniers politiques et subi un procès colonial. Une délégation de Fos pou Konstrui Nasyon Gwadloup (FKNG) emmenée par Luc Reinette mais aussi Benoit Béchet du MIR de Guyane ont fait le déplacement. CCN publie l'intervention de Robert Sae.
Certains prétendent que l’essor du mouvement national s’est arrêté le 10 janvier 2010. Le pouvoir colonial et les profiteurs locaux du système jubilent. Imaginez-vous ! À la question :
«Approuvez-vous la transformation de la Martinique en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République ? » Le peuple aurait répondu massivement : « Non » ! Car, pour eux, voyez-vous, quand sur 296.802 électeurs inscrits, 126.298 - dont l’importante communauté française, ses fonctionnaires et les membres des forces de répression qui séjournent en Martinique- font un choix, c’est l’expression massive du peuple Martiniquais !
« Le peuple aurait, donc, tranché démocratiquement. Il faudrait respecter son choix et pas question de lui imposer une évolution de façon détournée ! ».
Les FMP nous avaient déjà sorti la musique après la mascarade du « chat-an-sak » de décembre 2003 !
Ainsi, les résultats d’une consultation dévoyée par une campagne massive de désinformation et par des pressions de toutes natures, suffiraient à arrêter la marche du Peuple Martiniquais vers l’émancipation.
C’est bien mal connaître les ressorts de l’Histoire !
Un demi-siècle s’est écoulé depuis que les événements de Décembre 59 ont secoué notre pays. Répondant à une énième agression des forces de répression coloniale, notre peuple s’était, alors, révolté contre le racisme et l’exploitation. Des slogans révolutionnaires avaient fleuri sur les murs de la capitale. Au cours des trois jours d’affrontement, Betzi, Marajo et Rosile ont été assassinés. Et puis, les autorités coloniales et locales se voyaient contraintes de poser la question des institutions, de renvoyer les CRS en France et de prendre des mesures contre le chômage des jeunes. Mais, aussitôt, le gouvernement Français organisait une importante contre-offensive consistant à déporter la jeunesse martiniquaise et à restructurer sa domination.
Depuis décembre 59, le colonialisme s’est adapté aux réalités nouvelles, mais l’essence de la politique menée par la France dans notre pays est restée la même. On trouve des gens pour déclarer que le colonialisme et l’impérialisme n’existent plus ou que nous pouvons tous trouver notre place dans la famille globalisée !
- L’offensive ultralibérale menée par les gouvernements européens au service des multinationales et des spéculateurs, ça ne compte pas !
- La remise en cause des libertés individuelles et collectives au nom d’une prétendue lutte contre le terrorisme, la criminalisation des mouvements populaires, le déni de la souveraineté des pays et du droit des peuples non-occidentaux - La revue « Courrier international » s’est même permise de commettre un article intitulé « l’autodétermination n’est pas un droit ! » - tout cela n’importe pas !
Il suffirait simplement de demander à la France et à l’Europe de garantir le respect de nos spécificités et nous pourrions résoudre nos problèmes !
Pouvons-nous admettre un tel renoncement !
Non ! Mille fois non !
Notre devoir est de redoubler d’ardeur dans l’action pour que la majorité de nos compatriotes s’engagent dans la voie de la souveraineté sans laquelle notre pays courrait à l’abîme !
Je veux rappeler
- que 20% des ménages martiniquais vivent sous le seuil de pauvreté
que notre pays compte plus de 56.000 chômeurs,
que les hôpitaux ont pris en charge 360 personnes ayant tenté de se suicider en une année (2004) et que le nombre des esclaves du crack dans notre pays est estimé à 2 500.
Je veux rappeler :
Que notre balance commerciale est déficitaire de 2,4 milliards d’euros et que, confirmant la persistance des rapports coloniaux, le prix moyen de la tonne de marchandises exportées (hors énergie) est de 316,78 euros quand le prix moyen de la tonne importée atteint 1.208,50 euros ;
que cette année le Produit intérieur brut a chuté de 7,4% pendant que l’inflation touchait 2,6%,
que le gouvernement français a autorisé l’empoisonnement massif de notre population et de notre sol.
Et si je veux rappeler tout cela, ce n’est certainement pas pour que nous nous lamentions sur le constat de blocage que tous admettent aujourd’hui ; c’est pour dénoncer le caractère irresponsable, voire criminel, de ceux qui persistent à retarder la prise en main par notre peuple de ses responsabilités.
Les avancées qui auraient été possible en 2003 ou dans le cadre d’une collectivité régie par l’article 74, ont été empêchées par la défense d’intérêts à courte-vue. Encore aujourd’hui, la pratique cherchant à neutraliser l’action d’une Collectivité en espérant se retrouver en position de force pour prendre les rênes de la future assemblée unique, a pour conséquence de maintenir notre pays dans le marasme.
Le résultat c’est un piétinement assuré pour tous.
- Les divergences sur le mode de scrutin ou sur le calendrier d’installation de la nouvelle collectivité ne sauraient être des raisons suffisantes pour empêcher une mobilisation commune de ceux qui veulent sincèrement répondre à l’urgence de la situation. D’autant plus que chacun le sait bien, dans son for intérieur, la nouvelle collectivité, dont les compétences se résumeront à l’addition de celles du Conseil Général et du conseil Régional, même s’il s’agit d’un progrès dans l’efficacité de la gestion, ne nous donnera pas les outils nécessaires pour agir de façon significative, y compris en sollicitant de l’Etat colonial des habilitations forcément parcellaires et ponctuelles. Et ce, dans un contexte où l’Etat Français transmet des compétences sans le pouvoir ni les moyens, qu’il ne respecte pas ses engagements financiers auprès des collectivités, et n’hésite pas à pratiquer chantage et déstabilisation.
Aucune remise en cause de la domination impérialiste, aucune politique de développement endogène ne seront possibles sans la maîtrise de pouvoirs politiques et législatifs conséquents nous permettant de choisir notre voie de développement, de sauvegarder notre identité et de protéger notre économie. Et, en la matière, qui s’est sérieusement penché sur l’histoire des sociétés sait pertinemment qu’aucune forme d’élection, qu’aucune institution, qu’aucune loi, qu’aucune constitution, ne garantissent par le seul fait d’exister, liberté, justice, démocratie et développement.
Ce qui est essentiel pour atteindre ces objectifs,
c’est la capacité des forces vives du pays à faire corps autour d’un projet collectif,
c’est l’émergence d’une représentation politique capable de privilégier les intérêts supérieurs du pays,
c’est l’existence d’un rapport de force permettant de conquérir de réels espaces de pouvoir ;
Et concernant ce dernier aspect, nous devons réaliser que le temps des seules dénonciations, des seules actions symboliques, des expériences militantes en laboratoire, s’il a été historiquement inévitable et nécessaire, doit désormais être transcendé.
La nécessité, mille fois exprimée par la majorité, de « mété tout moun alantou an tab pou travay » doit cesser d’être un vœu pieux.
Nous en sommes capables. Nous avons le devoir d’assumer cette mission. Une fois de plus, nous répétons que l’une des conditions essentielles à notre avancée est que nous surmontions le syndrome de Lynch et la culture de l’autodénigrement.
Le moment est venu de faire converger toutes les initiatives, courageuses et multiples, qui existent dans notre pays en une vaste dynamique de construction.
CINQ CHANTIERS ATTENDENT D’ETRE LANCES EN URGENCE
- Le premier concerne le domaine de la culture et de l’éducation :
Car sans revalorisation de l’image de soi, sans sérénité identitaire, sans élévation du niveau de connaissance et de compréhension, nous ne pourrons mobiliser toutes nos forces autour du projet collectif.
- Le second chantier vise l’impulsion d’une économie alternative ; car sans restructuration d’un tissu autocentré, et sans perspectives d’épanouissement par le travail, nous ne pourrons améliorer nos conditions de vie.
- Le troisième nous appelle à mobiliser toutes nos énergies pour affronter ensemble le fléau des toxicomanies ; car celles-ci rongent les forces vives de notre pays, détruisent le tissu social, génèrent toutes sortes de violences et grèvent le développement économique.
- Le quatrième chantier c’est celui de la Prévention des risques majeurs : car en nous organisant aujourd’hui pour affronter toutes les catastrophes naturelles que nous avons de fortes probabilités de subir, nous serons en mesure de réduire considérablement les pertes en vies humaines et les dégâts matériels.
- enfin, cinquième chantier, la situation exige que nous mettions en place des espaces qui puissent favoriser la participation réelle des couches populaires au débat sur les orientations que nous devons suivre ainsi qu’aux prises de décision concernant le fonctionnement de la société et l’avenir de notre pays.
La tâche paraît immense mais elle est à la mesure des capacités de notre peuple.
Pour l’assumer, nous avons besoin d’une solide alliance de tous ceux qui se battent sincèrement pour l’émancipation sociale et pour notre autodétermination.
Pour l’accomplir, nous avons besoins d’hommes et de femmes, de la trempe des NEG-MAWON, des Telga et des Lumina Sophie, qui aient le courage d’entrer en dissidence contre les égoïsmes, les chauvinismes et les féodalités.
Ek si nou chak poté an grenn diri pou plen sak la, apré zavwa nou dékalé krab lapwofitasyion, nou ké pé séparé an bel matoutou.
La cérémonie d’aujourd’hui est significative du fait que la marche du peuple Martiniquais vers l’émancipation ne s’arrêtera jamais. Et le moment est venu de manifester notre volonté d’engagement collectif en posant des actes symboliques forts.
C’est la raison pour laquelle je me range pleinement au côté des initiateurs de la mise en circulation de la Carte d’Identité Martiniquaise.
Vous tous qui partagez avec nous l’enthousiasmante perspective de construire, enfin, notre devenir commun, je vous invite à solliciter votre carte d’Identité.
Quelle soit pour chacun de nous :
Un passeport vers la citoyenneté,
Un passeport vers la responsabilité,
Un passeport vers l’humanité.
Et, surtout, un certificat d’engagement concret dans la lutte pour l’émancipation de notre peuple et la construction d’un monde meilleur.
Je vous remercie de votre attention.
Robert SAE
19 Décembre 2010
Communiqué édité par CCN (Caraib Creole News) à l'adresse : http://www.caraibcreolenews.com/news/martinique/1,2715,20-12-2010-les-martiniquais-lancent-leur-premiy-re-carte-d-identity-nationale.html
Une façon d'affirmer son identité Martiniquaise
Dimanche, le Mouvement International pour les Réparations (MIR) distribuait les toutes premières cartes nationales d'identité Martiniquaise à des "citoyens" conquis.
Elle est plastifiée et reprend le format d'une carte d'identité française. Sauf que la carte «Nasyon Matinik» est rédigée en créole, est toute verte, symbole de l'écologie, du pays, de la nature..., avec le drapeau rouge-vert-noir qui flotte en haut à droite.
Les premiers exemplaires ont été remis à une trentaine de personnes à l'AMEP, par le président du MIR, Garcin MALSA.
« Ce n'est pas une carte pour le contrôle, mais pour affirmer notre identité Martiniquaise » explique Marcel BOURGADE, le vice-président du MIR.
Et Garcin MALSA d'enchérir : « Yo ka triché épi nou. Nou sé domien, ultramarin. Nou adan an péyi ki ka kriyé koy Matinik et yo ka di nou sé dé domien. L'État français nous désintègre, nous fait perdre notre identité ».
Avec la carte Nasyon Matinik, le MIR s'inscrit dans une démarche " d'autoréparation" et "d'affirmation de l'identité martiniquaise".
Une carte symbolique, mais pas « encore» légale
Cette carte d'identité 100% Martiniquaise ne possède « pour le moment», aucune existence légale et n'est reconnue par aucun État. N'essayez pas, par conséquent, de la présenter à l'aéroport afin d'embarquer vers Miami, de gagner la métropole ou de rejoindre une île de la Caraïbe...
Mais cela ne serait tarder, à en croire les militants du MIR.
« Nous sommes en train de rédiger une déclaration officielle des autorités constitutées de nations américaines sans États de Guadeloupe, Martinique et Guyane, à l'attention des autorités des États Nations, d'organisations internationales... dans laquelle nous déclarons l'existence de la nation Martiniquaise afin que nous puissions circuler librement...».
118 personnes se sont laissées convaincre par cette démarche identitaire et " de nombreuses demandes sont en cours" confie le vice-président du MIR.
Comment faire pour l'obtenir ?
En se rendant sur le site http://www.nasyonmatinik.org/ et en remplissant le formulaire de demande.
La carte Nasyon Matinik coûte 10 euros et devrait être remise à tous les Martiniquais qui en feront la demande.
Pas besoin d'être un militant du MIR, tout le monde peut l'avoir.
Communiqué édité par France-Antilles à l'adresse : http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/culture/une-facon-d-affirmer-son-identite-martiniquaise-20-12-2010-96229.php
La carte d’identité martiniquaise désormais disponible
La Martinique a emboîté le pas à la Guadeloupe, désormais les résidents qui le souhaitent peuvent acquérir une carte nationale martiniquaise. Un symbole d’appartenance à son île.
Souvenez-vous en Guadeloupe en octobre dernier, la FKNG, la Force construction nation Guadeloupe lançait la carte nationale d’identité guadeloupéenne. Hier, le MIR, le Mouvement International pour les Réparations a adopté même démarche avec sa carte d’identité martiniquaise. Les membres de l’association patriotique ont présenté à l’AMEP ce nouveau document. Après le drapeau rouge, vert et noir, voici donc la carte d’identité nationale Martiniquaise. Le MIR, le mouvement International pour les Réparations, a procédé à la première distribution de cette carte à haute valeur symbolique. On peut commander sa double-nationalité pour 10 €. Cette carte ne peut pas bien sur se substituer aux vrais papiers d’identité lors des contrôles. Pour le mouvement, ce moment historique signe un tournant dans la « conquête d’espace et de souveraineté ». Ils étaient une cinquantaine de hier à venir chercher leur carte à l’AMEP. Bientôt la Guyane devrait avoir cette carte qui offre la double-nationalité à ses détenteurs. Pour l’occasion, le guadeloupéens Dannick Zandrounis , le secrétaire général de la Force construction nation Guadeloupe était en Martinique pour participer à la remise des premières carte d’identité martiniquaise.
Communiqué édité par RCI (Radio Caraïbes International) à l'adresse : http://www.rcimartinique.fm/La-carte-d-identite-martiniquaise.html
Souvenez-vous en Guadeloupe en octobre dernier, la FKNG, la Force construction nation Guadeloupe lançait la carte nationale d’identité guadeloupéenne. Hier, le MIR, le Mouvement International pour les Réparations a adopté même démarche avec sa carte d’identité martiniquaise. Les membres de l’association patriotique ont présenté à l’AMEP ce nouveau document. Après le drapeau rouge, vert et noir, voici donc la carte d’identité nationale Martiniquaise. Le MIR, le mouvement International pour les Réparations, a procédé à la première distribution de cette carte à haute valeur symbolique. On peut commander sa double-nationalité pour 10 €. Cette carte ne peut pas bien sur se substituer aux vrais papiers d’identité lors des contrôles. Pour le mouvement, ce moment historique signe un tournant dans la « conquête d’espace et de souveraineté ». Ils étaient une cinquantaine de hier à venir chercher leur carte à l’AMEP. Bientôt la Guyane devrait avoir cette carte qui offre la double-nationalité à ses détenteurs. Pour l’occasion, le guadeloupéens Dannick Zandrounis , le secrétaire général de la Force construction nation Guadeloupe était en Martinique pour participer à la remise des premières carte d’identité martiniquaise.
Communiqué édité par RCI (Radio Caraïbes International) à l'adresse : http://www.rcimartinique.fm/La-carte-d-identite-martiniquaise.html
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