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Il n'existe plus de mangrove au Marin

Garcin Malsa répond à Eric Coppet

 
LETTRE A UN REVENANT POLITIQUE QUI MENT AUX ELECTEURS SAINTANNAIS

Face au succès du Congrès du MODEMAS, le Samedi 05 Novembre 2011, il est quand même étonnant de constater que Monsieur Eric COPPET sorte de son sommeil.

Nous pensions même qu’Eric COPPET ne vivait plus à Sainte Anne tant il brille par son absence au sein de la Commune.

Nous ne sommes pas dupe Monsieur COPPET, vous voulez faire un coup politique en lançant un « média-mensonge » au visage de la population martiniquaise et singulièrement de celle de Sainte Anne.

Rappelez vous il n’y a pas si longtemps aux dernières élections municipales, vous nous accusiez l’équipe municipale et moi de dilapider les deniers de la ville à cause d’un avertissement de la Cour des comptes qui nous signalait que nous serions en léger déficit si nous ne faisions pas l’effort de faire rentrer l’argent que l’Etat français devait à la ville de Sainte Anne sur factures acquittées.

Vous nous avez traînés dans la boue à partir de contre -vérités et aujourd’hui la vérité éclate au grand jour, car Sainte Anne est l’une des trois seules communes de Martinique à ne pas être endettées.

Vous êtes gêné en fait de voir la nature rayonnante et verdoyante autour de vous, car pour vous le développement durable c’est du bâti et que cela. Ainsi, selon vous, avoir des continuum paysagers sans mitage de l’espace boisé signifie que l’on ne fait rien à Sainte Anne.

Pour votre gouverne Monsieur Coppet, sachez que pour nous la question du foncier a toujours été épineuse à Sainte Anne, et notre politique foncière pas toujours bien comprise même par certains de nos militants. Cette question est essentielle dans la mesure où nous essayons de maintenir un équilibre harmonieux entre le foncier bâti, agricole et boisé. Nous n’avons jamais déclassé ou classé un terrain sans réflexions préalables. Sachant que la spéculation immobilière est très importante à Sainte Anne, nous nous sommes attelés à protéger les terres agricoles et les surfaces boisées par des classements forts. Aujourd’hui, les documents d’urbanisme et l’actualité nous donnent raison parce qu’il est nécessaire de prendre en compte cet équilibre qui évite le mitage des paysages martiniquais. Il en est de même, pour valoriser la qualité du sol agricole pour l’agriculture biologique et la non-utilisation de pesticides dangereux à l’instar de ceux qui contiennent le chloredécone.

Etre à l’avant-garde n’est jamais facile car cela demande beaucoup d’efforts pour expliquer, défendre son opinion et convaincre. Il nous a fallu beaucoup d’abnégation pour porter ce concept et le mettre en application surtout au niveau économique. Le tourisme durable fer de lance de l’économie saintannaise, l’économie solidaire ou le commerce équitable étaient mal compris. Cependant dès le début de notre mandature nous avions déjà vu les limites en Martinique du tourisme de Masse, c’est pour cela que nous avions parlé de tourisme graduel et concerté.

Ce type de tourisme devait permettre à la population saintannaise d’être un acteur du tourisme et d’en bénéficier pleinement. Il n’était nullement question pour nous de livrer Sainte Anne à des promoteurs hôteliers sans scrupules, venant de multinationales étrangères qui bétonneraient le littoral. A contrario nous avons promu l’hébergement mixte avec quelques hôtels, des gîtes et le camping.

Le fait de protéger nos espaces remarquables par des classements importants (RAMSAR, Grand Site, etc..) donne à Sainte Anne de la valeur ajoutée et nous permet de mener avec l’aide de la police de l’écologie, des associations et les enseignants de la commune, des programmes d’éducation à l’environnement pendant toute l’année. Ceci permet à nos jeunes de maîtriser leur environnement donc de mieux connaître leur territoire ou leur pays.

Nous vous informons Monsieur COPPET que si vous consultiez les procès verbaux des Conseils Municipaux, vous sauriez que concernant les Véhicules hors d’usage, la ville de Sainte Anne a entrepris des efforts considérables en matière d’enlèvement le long des routes.

A titre indicatif :
- 2001 : 68 (nombre de Véhicules enlevés)
- 2002  : 20
- 2003 : 120
- 2004  : 264
- 2005  : 5
- 2006  : 15
- 2007  : 8
- 2008  : 60
- 2009-2010  : 230
- 2011  : 98 en cours
- TOTAL : 888

Ces véhicules ont été enlevés sur les fonds propres de la ville avec l’aide des fonds FEDER, de la Région Martinique, du Conseil Général de l’époque que vous décriez tant.

Nous sommes même l’une des rares communes de Martinique à avoir mis en place une procédure pour encourager les Saintannais à se débarrasser de leur VHU, et à ce jour plus d’une centaine de Saintannais y ont adhéré. Alors renseignez vous à l’Etat civil et vous saurez comment faire pour vous débarrasser de vos propres VHU.

Nous faisons énormément d’effort sur cette affaire notamment pour la question de la dingue et je remercie la Police de l’écologie de la ville (la seule qui existe en Martinique) de mener à bien ce travail en accord parfait avec la police municipale. Chaque année malheureusement ce fléau des VHU nous rattrape à cause de personnes irresponsables et nous travaillons avec d’autres partenaires pour l’éradiquer.

Concernant les réseaux d’assainissement des commerçants de la Pointe marin qui ne seraient pas raccordés, le maire du Marin nous a déjà fait le coup il y a de cela quelques mois. Je rappelle simplement que d’après les analyses de l’ARS et ce depuis bien des années, les eaux de baignades de la Pointe Marin sont bien meilleures que celles de la Française à Fort de France qui est sensée être l’une des plus propres de la Martinique (n’est ce pas ?) , avec bien sûr l’extension du port et les maisons des quartiers environnants qui sont « bien raccordées » au tout à l’égout. Cependant il faut savoir que Sainte Anne a remplacé son ancienne station d’épuration ce, bien avant le Marin puisque depuis 2002 une nouvelle station d’épuration aux normes a été construite. Elle est de 8000 équivalents / habitant et se situe à Belfond, alors que la nouvelle station intercommunale du Marin et de Sainte Anne date de l’année dernière et est située au cap Marin. Vous pouvez aller les visiter toutes les deux car ce n’est pas le fruit de mon imagination.

Actuellement, nous avons accepté que la nouvelle station desserve prioritairement la ville du Marin (dont la station était défaillante) par souci d’améliorer la qualité des eaux de la baie du côté du Marin et ce, dans l’intérêt général.

Si vous parcouriez bien le territoire de la ville et veniez consulter les services de la Mairie, vous auriez su que la seule plage qui a posé problème à Sainte Anne, un temps à cause de la notation de l’ARS, c’est celle de Caritan. En effet, deux hôtels avaient un fonctionnement au plan sanitaire médiocre. Aujourd’hui je vous invite à aller voir les travaux d’extension qui s’y font grâce aux élus de la ville de Sainte Anne et du SCISM, afin d’améliorer la situation.

Donc monsieur COPPET ne faîtes pas un homme de réflexion et d’action comme moi prendre des vessies pour des lanternes.

Concernant la sphère économique, je vous rappelle que vous étiez à la tête d’une association pour dynamiser les commerçants de Sainte Anne. Si aujourd’hui il y a échec, il ne faut vous en prendre qu’à vous. La ville aménage un cadre d’évolution pour les commerçants en fonction de ses moyens. On a longtemps accusé le maire pour dire qu’à Sainte Anne c’était inadmissible que l’église soit fermée, aujourd’hui après rénovation et classement c’est devenu un monument historique très attractif. On traitait la façade municipale de tous les noms et ce avec raison. Aujourd’hui nous avons une mairie rénovée sur laquelle on ne cesse de vanter les beautés et l’harmonie des couleurs entre elle et l’église.

A mon sens, la ville fait tout ce qu’elle peut pour rentre attractif le bourg et les quartiers ruraux. Sainte Anne a trois places publiques : Abbée Morland, Vincent Placoly et 22 Mé) sans compter l’esplanade du marché là où d’autres communes n’en ont aucune. Par ailleurs, la Ville a réalisé des travaux d’électrification du pourtour du bourg. Ce qui, en conséquence, a entrainé une forte augmentation de la fréquentation des pistes piétonnes et cyclables. Enfin, je vous signale que la ville à été nominée Championne des Energies Renouvelables en 2007, parce que les élus ont su démontré que la maîtrise de l’énergie se règle tant par des économies d’énergies (changement de comportement dans les services) que par le choix des énergies renouvelables. Pour ces derniers, il faut être précautionneux parce que les évolutions technologiques ne sont pas toujours adaptées à nos réalités. Aujourd’hui, la ville peut se féliciter de pouvoir se doter d’un programme d’énergies renouvelables pluriannuel, notamment pour les photovoltaïques.

Bien sûr un maire n’a jamais trop fait, mais il ne peut pas tout faire. J’aimerais tout faire, mais pour cela il faudrait faire des emprunts astronomiques et vous seriez le premier à m’accuser d’endetter à vie les Saintannais.

Ainsi Monsieur COPPET, vous pouvez parler d’écologie et de développement durable mais acceptez que nous n’ayons pas la même vision des choses. Là où vous voyez du béton comme sur la plage des salines et le camping de la pointe marin, je préfère y voir venir des petits martiniquais profiter de la nature et de l’air pur tout en valorisant ces espaces, ce que nous attelons à faire.

Etre à l’avant-garde n’est jamais facile car cela demande beaucoup d’efforts pour expliquer, défendre son opinion et convaincre…..

Garcin MALSA, Président du MODEMAS, Maire de Sainte Anne

Zones de cantonnement : l'appel au civisme

Une zone de cantonnement a été constituée. Elle est délimitée par la ligne Pointe Baham, Ilets à Toisroux, barrière de corail, Cap Ferré.
En conséquence, toute forme de pêche (capture d'animaux et de végétaux morts ou vivants) y est interdite ou réglementée, explique la mairie de Sainte-Anne dans un communiqué. Celui-ci précise que de ce fait, seuls les pêcheurs plaisanciers sont habilités à capturer le lambi. Les captures sont limitées à trois lambis par personne et par jour. Il est interdit de prélever des lambis dont le pavillon n'est pas formé, par arrêté préfectoral n°994296 du 29 décembre 1999.
Par ailleurs, la pêche aux oursins blancs est strictement réservée aux pêcheurs professionnels et munis d'une autorisation délivrée par la direction des affaires maritimes, pendant une période déterminée par le comité des pêches, par arrêté préfectoral n°053582 du 15 novembre 2005.
Toute personne qui procéderait à la capture, à la détention ou au transport de ces espèces est passible d'une amende de 22 500 euros.
Afin de sauvegarder ces espèces menacées et dans un souci de transmettre notre patrimoine aux générations futures, le maire de Sainte-Anne, Garcin Malsa, appelle la population à faire preuve de civisme et de citoyenneté écologique.

Visite de Chantiers pour le Personnel Administratif

Faut-il ou non dépénaliser le cannabis ?


« À la Martinique le véritable fléau c'est le crack, nous ne rencontrons pas les mêmes problèmes qu'en France. Mais je dis que dès lors qu'elle détruit la santé, toute drogue est condamnable. Les gens autrefois pouvaient consommer un peu d'herbe ou de tabac, mais ça n'a rien à voir avec la consommation actuelle. Je ne suis pas d'accord avec la dépénalisation d'une drogue par rapport à une autre, car ce serait une manière de contribuer à rendre les gens dépendants. Mais le fond du problème vient de la société, qui est elle-même malade. Il faut créer les conditions d'épanouissement, dans les familles, à l'école, au travail. »

Des pistes pour une contribution au Développement Durable en Martinique

Inscription au Vidé kay-la de Sainte-Anne

22 ans de Développement Durable et Solidaire à Sainte-Anne

Des Résistances du Passé au Développement Durable et Solidaire

Réserve naturelle des ilets de Sainte-Anne : Opération de baguage d’oiseaux

Chaque année le Parc Naturel Régional de la Martinique organise une opération de baguage de Puffins d’Audubon.

Cette opération a pour but d’enrichir la base de données sur les Puffins de la Réserve Naturelle des Ilets de Sainte-Anne.

Pour l’année 2011, cette opération aura lieu dans la nuit du vendredi 13 
au samedi 14 mai 2011 sur l’îlet Hardy et accueillera une vingtaine d’agents du Parc Naturel Régional.

Chaque année, de novembre à juillet, quelques centaines de Puffins d’Audubon sont présents sur les ilets de Sainte-Anne.

Ils y rejoignent les Pailles en Queue (16 couples présents de novembre à juin) et les Sternes (15 000 couples présents de mars/avril à juillet/août).

L’an dernier, sur 76 Puffins capturés, 50 étaient déjà bagués (recapture).

Les opérations de baguage de ces espèces ont débuté en 1995.

Il faut cependant plusieurs années avant d’en recueillir des données scientifiquement fiables.

Cette année, le Parc Naturel Régional devrait passer commande pour une analyse des données sur l’ensemble des individus présents à la Réserve Naturelle des Ilets de Sainte-Anne.

Semaine du Développement Durable - édition 2011

Madame, Monsieur,

La ville de Sainte-Anne, en collaboration avec le Comité de la Randonnée Pédestre de la Martinique, le Conseil Général et la Police de l’Ecologie de la ville de Sainte-Anne, vous invitent à participer à la Semaine du Développement Durable.

Cette année, le thème retenue est : « Abeilles et biodiversité ».

Le programme se déroulera sur 3 jours :
les 1er, 2, et 3 avril 2011.

Il a pour but de sensibiliser la population, sur le rôle important que jouent les abeilles au sein de notre environnement.

Une journée sera réservée au scolaire, un programme spécial et adapté leur sera proposé :

le vendredi 1er avril 2011 de 9h00 à 16h00

Place Vincent Placoly à Sainte-Anne.

Comptant sur votre présence, je vous prie reçevoir, Mesdames, Messieurs, mes salutations distinguées.


Le Maire
Garcin MALSA

L’Etang des Salines, un site RAMSAR, une reconnaissance bien méritée.

En ce 2 février 2011, l’ONU, comme chaque année depuis environ trois décennies, appelle la conscience humaine à respecter et à sauvegarder les zones humides dont la contribution à la pérennité du vivant a été reconnue par les experts scientifiques depuis 1971 dans la ville de Ramsar en Iran.

En cette période de longue crise écologique dont les aspects visibles et ressentis se traduisent par le réchauffement climatique, la montée des eaux océaniques, l’aggravation des catastrophes naturelles, etc…. Il convient de saisir cette opportunité de porte planétaire qui est la journée internationale des zones humides pour que chaque citoyen, chaque communauté, chaque groupe d’humains aillent au-delà des paroles et des réflexions pour agir concrètement à sauver le vivant dont la conscience et la responsabilité sont les attributs de l’homme. C’est ce que nous invite à faire cette vision qu’incarne le Développement Durable et Solidaire. C’est dans cette voie que la ville de Sainte-Anne dont je suis le maire depuis 21 ans s’est placée.

Cette démarche relève bien sûr d’une volonté politique forgée au cours d’un long parcours écologique parsemé de combats dont le seul objectif était le respect des équilibres écologiques, au profit du bien être durable des générations actuelles et à venir.

Ainsi le combat pour la préservation des zones humides de la Martinique, depuis les lagons en passant par les mangroves et jusqu’aux espaces aquatiques intérieures (les mares, les marais), a été porté par nous à des moments ou les martiniquais dans leur majorité, ne mesuraient pas l’importance de ces écosystèmes pour notre existence.

Nous nous réjouissons de constater qu’aujourd’hui des associations, des organismes publics et privés, des médias sont nombreux à participer à tous les événements qui contribuent à sauvegarder nos richesses naturelles. Est-ce là la marque d’un début de mutation dans les consciences et les comportements ?

Sans nul doute, cette manifestation, du 2 février 2011 consacrée à une meilleure connaissance des zones humides de Sainte-Anne, est un témoignage de prise de conscience collective dans la préservation des écosystèmes. Nous tenons à saluer l’initiative du Parc Naturel Régional, de l’Office de l’Eau (ODE), du Conservatoire du Littoral, et de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL), et des médias qui ont centré leurs efforts sur l’Etang des Salines qui a une reconnaissance Ramsar puisqu’il est depuis Novembre 2008 classé par l’ONU (Organisation des Nations Unis), comme un site Ramsar.

L’Etang des Salines dans son état actuel est le fruit de longues luttes commencées en 1981 avec l’ASSAUPASU (Association de Sauvegarde du Sud), devenue ASSAUPAMAR (Association de Sauvegarde du Patrimoine Martiniquais), qui l’a remis en eau après avoir été asséché volontairement pendant près de 20 ans. En 1989, la municipalité de Sainte-Anne a décidé de poursuivre le travail de réhabilitation de cette zone humide unique dans les petites Antilles. Cela s’est fait dans le cadre d’un programme de la protection globale des

Salines. Jusqu’en 1998, l’étang était encore propriété privée. Il est devenu propriété publique du Conservatoire du Littoral, qu’à partir de cette date. La forte contribution de la Ville de Sainte-Anne a beaucoup pesé dans cette démarche. Depuis cette date l’Etang est géré par l’AMEPAS (Association Mémoire Patrimoine de Sainte-Anne), qui joue un rôle central dans la surveillance des Salines en collaboration avec l’ONF et les gardes du littoral de la ville.

Lors d’un colloque international organisé en décembre 2007, par le Centre Caribéen du Développement Durable et Solidaire (C2D2S), une résolution a été prise pour demander la création d’un site Ramsar en Martinique. Le C2D2S, émanation de l’Agenda 21 de la ville de Sainte-Anne, et de l'Agenda 21 Martinique du Conseil Général, a porté le projet. Après une longue procédure suivie par le Conservatoire du Littoral et la ville de Sainte-Anne, l’ONU a décidé de reconnaitre l’Etang comme site Ramsar.

La procédure de protection l’Etang s’inscrit dans la préservation des Salines. Cette préservation est portée par la ville dans son Plan de Développement Durable et Solidaire (PDDS) initié depuis 2000 et son Agenda 21. Elle est d’une importance capitale pour les martiniquais et tous les étrangers pour qui les Salines constituent un temple de ressourcement, de bien-être.

Au moment où la planète entière cherche à retrouver des marques durables à partir d’une dynamique écologique, nous invitons les martiniquais à faire en sorte que cette préservation soit valorisée. C’est-à-dire que nous arrivions à connaître d’avantage les Salines pour en extraire des richesses à des fins de création d’emplois durables.

C’est le chemin que nous empruntons à l’aube de cette nouvelle année 2011.

Garcin MALSA
Mercredi 2 février 2011
Sainte-Anne – Martinique – Caraïbe.

Mourir pour la terre

Mourir pour la terre

C’est mourir pour la vie

Tel est le sens de mon engagement dans ce combat pour la protection et la maitrise du foncier agricole en Martinique. Cet engagement remonte bien avant la fondation de l’assaupamar qui a déjà trente ans d’existence. Il a été façonné dans les multiples contacts que, très jeune, j’ai eu avec les paysans de la génération de mon père et de mon oncle pour qui la Terre était essentiellement un lieu de construction et de rassemblement des familles, alliées et amis mais encore un espace de production de vivres nécessaires à l’alimentation saine et durable de tous ces gens et éventuellement de ceux de l’extérieur.

 Une telle démarche préfigurait le développement durable et solidaire par ses aspects de lien social et culturel et sa dimension économique et écologique puisque qu’à cette époque les pratiques culturales ne faisaient pas appel aux intrants nuisibles au sol. La Terre comme lieu sacré incontournable pour perpétuer la vie tel est cet héritage qui m’a été donné, que j’ai la charge de transmettre. Cette vision est à l’opposé de la vision mercantiliste, spéculative de la Terre qu’ont toujours affichée les descendants d’esclavagistes et l’Etat en Martinique. C’est bien au nom de cette conception que l’Etat se trouve responsable de l’empoisonnement de nos terres agricoles par les pesticides au premier rang desquels, a été signalé le chloredecone pour sa haute dangerosité. Et pour ne pas sortir de l’époque de la colonisation, l’Etat a fait ce choix pour satisfaire la voracité et les appétits financiers des descendants d’esclavagistes qui malheureusement trouvèrent des complices dans la classe politique en Martinique.

C‘est encore au nom de cette même conception que se poursuit la dilapidation des terres agricoles ainsi que leur massacre par l’implantation des centrales photovoltaïques dont le jus généré grâce à la défiscalisation est estimé beaucoup plus épais et moins coûteux que toutes autres sortes de jus de canne ou de banane. Aujourd’hui une fois de plus, on a trouvé un élu qui monte au créneau pour justifier le massacre effectué à Bonne Mère, Ducos, sur des terres agricoles en déclarant qu’il s’agit là de 15 hectares qui seront libérés pour l’agriculture dans vingt ans. Ignorance ou aveuglement !

Il s’agit de vingt ans de perte en productions agricoles et en biodiversité, quelle assurance a-t-on que ces quinze hectares de terres ne seront pas rendus stériles ? L’intelligence écologique, si tant est que cela pourrait exister chez certains ne pourrait-elle pas conduire à chercher à transformer le grand parking de Génipa ainsi que l’assiette foncière de ce dit centre commercial en une vaste centrale photovoltaïque. C’est cela que j’avais préconisé dès 2005 alors qu’on venait de remblayer l’emprise foncière englobant le parking et le centre commercial. Je renvoie le lecteur aux pages 220, 221, 222, de mon livre « l’écologie ou la passion du vivant paru en 2008 chez l’harmattan »

Je me retrouve ici pleinement dans la lignée de Frantz Fanon : «  la Terre est la matrice matérielle de notre patrimoine c’est elle qui nous donne le pain et la dignité. Par ces mots, il réaffirme ce que les aînés m’ont appris c’est- à- dire l’amour de la vie à travers la terre.

Je profite pour saluer le président de l’Assaupamar qui lors de la discussion ce samedi 16 octobre 2010 en préfecture, déclarait au représentant de l’Etat « nous trahirions notre mission si nous laissions continuer le massacre de nos terres »

J’ai beaucoup de respect pour les responsables des organisations agricoles qui depuis le 19 Septembre 2010, à Grand Fonds, au Marin, ont affiché publiquement une unité forte, transgressant les querelles intestines comme pour faire remarquer que le combat pour la terre est un enjeu politique qui dépasse les jeux de politique politicienne, tout en exigeant que ce bien sacré soit sauvegardé et maîtrisé.

J’en appelle à la vigilance et à la clairvoyance des responsables syndicaux pour qu’ils comprennent que le combat pour la terre englobe toutes autres luttes car la terre est bien synonyme de « pain et de dignité ».

A la vieille du mouvement du 26 Octobre 2010 je leur demande d’intégrer cette donnée dans leur schéma et leur calendrier.

J’en appelle aux élus pour qu’ils se souviennent que leur devoir est d’améliorer le bien être des générations actuelles tout en cherchant à rendre meilleur celui des générations à venir. J’en appelle aux intellectuels et au peuple, qu’ils sachent que nul ne peut avoir le monopole de la protection, de la maîtrise du foncier. Celles-ci doivent être la tâche de tout citoyen martiniquais.

A quelques heures du procès qui oppose l’Assaupamar et l’Etat français à propos de l’implantation des centrales photovoltaïques je souhaite que l’unité du monde agricole se renforce pour montrer la voie d’une nouvelle dynamique solidaire autour de laquelle la gestion et l’administration du foncier tant réclamées depuis 1870 trouvent une issue durable et profitable au peuple martiniquais.

Garcin Malsa

Martinique- Caraïbes

Fait à Saint Anne, Martinique le 17 Octobre 2010